Kanbutsue & Hana Matsuri : célébration de la naissance de Bouddha & fête des fleurs

Le bouddhisme occupe une place prépondérante dans la spiritualité au Japon. Depuis près de 1500 ans, cette religion importée de Chine (et originaire d’Inde) s’est imposée aux côtés du shintoïsme en tant que courant spirituel, philosophique et religieux majeur dans l’Archipel *. Il n’est donc pas surprenant que les Japonais célèbrent la naissance de Bouddha : cette célébration porte le nom de Kanbutsu-e (潅仏会), littéralement “rassemblement pour arroser Bouddha”. 

Grand Bouddha de Kamakura

Le bouddhisme au Japon

Le 8 avril marque la date de l’anniversaire de Gautama Siddharta, également connu sous les noms de Shakyamuni, O-Shaka-Sama au Japon, ou encore Bouddha (avec un B majuscule pour le différencier des autres personnes ayant acquis ce titre au fil du temps). Il vécut entre le VIème / Vème siècle avant JC et il est le fondateur historique d’une communauté de moines errants qui donnera naissance au bouddhisme.

Au Japon, Kanbutsu-e (潅仏会) n’est pas une fête nationale officielle mais n’en reste pas moins une date importante. Au fil du temps, elle fut couplée avec une autre célébration, le Hana Matsuri (花祭り, le festival des fleurs), qui puiserait son origine dans la religion shinto. Il s’agissait de souhaiter la bienvenue à la divinité qui venait protéger les récoltes de riz au printemps en décorant des tronçons de bambous avec des fleurs pour

La pratique de nos jours

De nos jours, durant le Kanbutsu-e  (潅仏会) / Hana matsuri (花祭), il est de coutume de parer les temples et les autels de fleurs.

On expose une petite construction appelée hana-mido (花御堂, le “pavillon des fleurs”) qui abrite une statuette debout dans un large récipient couvert de fleurs. Il s’agit d’une “statue de Bouddha à la naissance”(tanjo butsu zo, 誕生仏像).

Le récipient contient de l’ama-cha (甘茶), que les fidèles vont verser sur la tête de la statue à l’aide d’une louche mise à disposition. Il s’agit d’une infusion préparée à base de feuilles d’une espèce d’hortensia au goût sucré prononcé.

Il est possible de participer à ces célébrations dans n’importe quel temple bouddhiste du Japon (ou presque). À Tokyo, par exemple :

 

  • Au temple Gokoku-ji près d’Ikebukuro, les jeunes enfants richement costumés sont invités à verser de l’ama-cha sur la statuette pour bénéficier de la protection divine ;
  • Au temple Senso-ji d’Asakusa, un hana-mido doré abrite une statue minuscule et est exposé avec une statue d’éléphant blanc ;
  • Le temple Tsukiji Hongan-ji à Tsukiji, outre son architecture baroque, expose un éléphant blanc sur son parvis, qui accueille aussi les familles avec enfants pour un pique-nique géant.

* Ces deux religions peuvent s’exprimer simultanément sous la forme d’un syncrétisme ancien appelé shinbutsu shūgō (神仏習合littéralement « syncrétisme shinto-bouddhiste »). La plupart des Japonais ont une vision neutre de la religion et en pratiquent plusieurs dans leur vie. Ainsi, une même personne peut aller prier au sanctuaire shinto au Nouvel An ou avant les examens d’entrée à l’école, puis se marier à l’occidentale dans une église et enfin des funérailles dans un temple bouddhiste. 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_au_Japon#Syncr%C3%A9tisme_shinto-bouddhiste 

Photo : Par J.E. Smith — http://www.illustratedgarden.org/mobot/rarebooks/page.asp?relation=QK98S657&identifier=0069, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19978909


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