Kinrō kansha no hi (勤労 感謝の日), la rencontre entre la fête du travail et Thanksgiving

Depuis 1948, le Japon célèbre tous les 23 novembre ce qu’on appelle le « kinrō kansha no hi » (勤労 感謝の日) ou littéralement en français « le jour de gratitude envers les travailleurs ». Ce jour férié, que l’on peut rapprocher de notre fête du travail, est en réalité bien plus ancien que cela et a vu sa signification évoluer avec le temps.

A l’origine

Pour trouver l’origine de ce jour férié, il faut remonter au VIIème siècle, durant la période d’Asuka (milieu du VIème siècle jusqu’à 710). A cette époque, cette célébration portait un autre nom (Niinamesai 新嘗祭) et avait une autre signification. En effet, le Japon, qui était alors essentiellement un peuple agricole, rendait hommage aux divinités shinto, les kamis, en les remerciant pour l’abondance des récoltes. Les souverains faisaient une offrande de riz provenant de ces récoltes et le goûtaient.

Après la seconde guerre mondiale

Après la capitulation du Japon, les Etats-Unis ont mis un point d’honneur à retirer à l’empereur tous ses pouvoirs, dont son statut de divinité vivante. Par conséquent, cette fête traditionnelle shinto, présidée par l’empereur, n’était pas vue d’un bon œil par les américains. Il faut comprendre que depuis la fin du XIXème siècle le Japon suivait un système idéologique que l’on appelait le Shintoïsme d’État, devenue religion officielle de l’empire du Japon, dont l’empereur était le chef suprême. De fait, toutes les fêtes rappelant ce caractère impérial ont été supprimées.

La tradition évolua donc en 1948 avec la nouvelle constitution du Japon. C’est pourquoi tous les 23 novembre, les Japonais expriment leur reconnaissance envers toutes les personnes qui contribuent à la santé économique du pays. Cette nouvelle fête nationale, résolument moderne, fait penser à un syncrétisme entre le Labor Day (fête du travail) et le Thanksgiving (fête servant entre autre à exprimer sa gratitude) américains et les racines shinto traditionnelles. Durant cette journée, les Japonais participent à des festivals dans tout le pays et se rendent dans les temples afin d’y adresser des prières de remerciements. Si la fête originale n’est plus célébrée par le peuple, il faut savoir que l’empereur (qui reste le chef du shintoïsme) perpétue cette tradition dans un cadre religieux et privé.

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