Le cinéma d’animation japonais en 5 titres

Avant de dévoiler notre sélection, nous vous proposons une brève histoire de l’animation japonaise (les lecteurs les plus impatients pourront bien sûr passer cette intro et découvrir plus bas la liste de nos coups de coeur ! 😉 ). 

Un anime (アニメ) désigne une série d’animation ou un film d’animation en provenance du Japon. On distingue différents types d’anime :

Les séries : Elles sont diffusées à la télévision. Si la durée standard d’un épisode est de 24 minutes environ, le nombre d’épisodes total est variable selon les époques. De longues séries à succès (plusieurs centaines d’épisodes) voient le jour à partir du milieu des années 90 (PokémonBleachOne PieceNarutoFairy Tail ou Détective Conan).

Les films d’animation : Destinés à être projetés au cinéma, ils bénéficient de budgets conséquents.

Les Original Video Animations (OAV) : Ce sont des anime produits pour la vente en vidéo. Leur qualité technique est souvent meilleure que celle des séries, car les délais sont moins contraignants et le budget plus élevé. Ils s’adressent à un public plus ciblé.

Les Original Net Animations (ONA) : Productions similaires aux OAV destinées à être diffusées sur Internet.

Alors que les toutes premières animations japonaises connues datent du début des années 1910, la caractéristique et le style anime se développent durant les années 1960 et se popularisent hors des frontières du Japon durant les années 1970 et 1980.

L’histoire des anime (アニメ) commence donc au début du XXe siècle, lorsque les réalisateurs japonais s’essaient aux techniques d’animation explorées en Occident. Les techniques créées par la société américaine Hanna Barbera sont importées au Japon par le mangaka et scénariste Osamu Tezuka qui les améliore pour réutiliser davantage les dessins. Bien que les premières expérimentations interviennent assez tôt, il faut attendre 1963 et Astro, le petit robot pour toucher au succès populaire.

Durant les années 1970, les anime continuent à se développer et se différencient de leurs racines occidentales. Durant cette période, plusieurs réalisateurs se font un nom, notamment Hayao Miyazaki et Mamoru Oshii. On retrouve à cette époque des œuvres comme Lupin III et Mazinger Z.

Dans les années 1980, les anime sont intégrés à la culture pop et la production explose, dépassant rapidement le cartoon américain en quantité de production (l’appétit des téléspectateurs incite à une production de masse disponible rapidement), aux dépens, parfois, de la fluidité de l’animation. Le démarrage de la franchise Gundam et les débuts de la carrière de la dessinatrice de manga Rumiko Takahashi marquent un tournant dans la décennie.

Pendant les années 1990 et les 2000, les anime reçoivent de plus en plus d’égards à l’étranger. Akira (1988)Ninja scroll (1993) et Ghost in the Shell (1995) deviennent célèbres à travers le monde. Des séries comme Neon Genesis Evangelion et Cowboy Bebop triomphent au Japon, mais captent aussi l’attention en Occident. Le Voyage de Chihiro reçoit le 1er prix ex æquo du Festival du film de Berlin 2002 et remporte l’Oscar du meilleur film d’animation en 2003, et le Festival de Cannes 2004 place Innocence : Ghost in the Shell 2 en compétition officielle.

 

Maintenant que vous en savez un peu plus sur l’histoire des anime… place à notre sélection “films d’animation coups de coeur” !

Astuce : cliquez sur les titres pour visionner les bandes-annonces !

 

Celui avec lequel tout commencé : « Le serpent blanc白蛇伝Hakuja den » (1958) de Aiji Yabushita et Kazuhiko Okabe 

Il y a bien longtemps en Chine, le jeune Xu-Xian sauve au marché un petit serpent blanc doué d’esprit mais ses parents le force à le relâcher, ce qui attriste profondément Xu-Xian. Quelques années plus tard, par une nuit orageuse, le serpent blanc réapparaît devant lui sous la forme d’une très belle jeune fille nommée Bai-Niang. Ils tombent amoureux en un instant mais sont séparés par le moine Hokkai qui considère Bai-Niang comme un esprit diabolique. Au péril de leurs vies, Bai-Niang et ses amis animaux affrontent à nouveau le moine pour sauver cet amour. 

Adaptation d’un conte chinois, “Le Serpent blanc” est le premier long-métrage animé japonais entièrement en couleur. Un incontournable de l’animation japonaise !

Celui qui vous mettra la larme à l’œil : « Le tombeau des lucioles火垂るの墓Hotaru no haka » (1988) de Isao Takahata

Japon, été 1945. Après le bombardement de Kobé, Seita, un adolescent de 14 ans et sa petite soeur de 4 ans, Setsuko, orphelins, vont s’installer chez leur tante qui leur fait vite comprendre qu’ils sont une gêne pour la famille. Seita et sa petite soeur se réfugient dans un bunker désaffecté en pleine campagne et vivent des jours heureux, illuminés par la présence de milliers de lucioles. Mais la nourriture commence bientôt à manquer.

Leur quête désespérée d’un monde meilleur les amènera à traverser les ruines d’un Japon ensanglanté par la fin de cette guerre et à affronter l’indifférence des adultes. Cette adaptation du roman éponyme de Akiyuki Nosaka est très certainement un des plus grands chefs d’œuvres dramatiques de l’animation.

Celui qui a connu le succès bien après sa sortie : « Ghost in the shell – 攻殻機動隊, Kōkaku kidōtai » (1995) de Mamoru Oshii

L’histoire se déroule en 2029 dans un monde futuriste. Le major Motoko Kusanagi et son collègue Batou, deux cyborgs, travaillent dans l’unité spéciale anti-terroriste du gouvernement (la section 9) de New Port City au Japon. Ils enquêtent sur un nouveau cyber-virus capable de contrôler les esprits et d’altérer les souvenirs de ses victimes. Le suspect principal, surnommé le « Marionnettiste », à la réputation aussi mystérieuse qu’insaisissable, devient la cible d’une traque intense sur fond de rivalité avec la section 6, à la solde du Ministère des Affaires Etrangères et de son mystérieux Projet 2501. Ecoutant sa voix intérieure, Motoko se lance dans une quête sans relâche qui l’amènera à questionner son existence et sa part d’humanité.

Adapté du manga éponyme de Masamune Shirow, ce grand classique de l’animation japonaise a été salué pour la qualité de ses effets visuels. « Ghost in the shell » a aussi fait l’objet d’une adaptation hollywoodienne avec Scarlett Johansson dans le rôle principal.

Celui qui ravira les fans de steampumk / cyberpunk : « MetropolisメトロポリスMetoroporisu » (2001)  de Rintarô

A Metropolis, une cité futuriste, les humains cohabitent avec les robots. Le gigantesque gratte-ciel Ziggurat abrite les élites de la société, tandis que les pauvres et les robots sont condamnés à une vie souterraine. Le détective Shunsaku Ban et son neveu Kenichi enquêtent sur un trafic d’organes humains et font la rencontre du docteur Laughton, un scientifique rebelle. Ce dernier a conçu Tima, une merveilleuse fillette qui est aussi un androïde d’un nouveau genre. Celle-ci est destinée à trôner au sommet de Ziggurat.

Perle de l’animation nippone, ce film s’inspirant du manga éponyme d’Osamu Tezuka est le résultat de la rencontre de deux pointures de l’animation que sont Rintarô (Albator, le Roi Léo, Manie Manie, Galaxy Express 999, X le film…), à la réalisation, et Katsuhiro Otomo (Akira, Steamboy, Domû, Robot Carnival), au scénario.

Celui qui règne sur le box-office nippon : « Le voyage de Chihiro千と千尋の神隠しSen to Chihiro no kamikakushi » (2001)  de Hayao Miyazaki

Chihiro, dix ans, s’apprête à emménager avec ses parents dans une nouvelle demeure, et cela ne l’enchante pas. En route, la famille se perd et au bout d’une route tortueuse, ils arrivent devant un tunnel. Le traversant, malgré la réticence de Chihiro effrayée, ils arrivent dans ce qu’ils pensent être un parc à thèmes abandonné. Alléchés par une odeur de nourriture, ils rejoignent une échoppe vide regorgeant de victuailles ; prévoyant de payer en partant, ils commencent à manger goulûment et se retrouvent alors transformés en cochons. Prise de panique, Chihiro s’enfuit et se dématérialise progressivement. L’énigmatique Haku se charge de lui expliquer le fonctionnement de l’univers dans lequel elle vient de pénétrer : pour sauver ses parents, la fillette va devoir faire face à la terrible sorcière Yubaba, avare et acariâtre.

Oscar du meilleur film d’animation, Ours d’or à la Berlinale, plus gros succès du box-office japonais avec 23 500 000 entrées, ce film est tout simplement incontournable. Un must-see disponible sur Netflix (voir ici la liste des productions des studios Ghibli disponibles sur la plateforme) !